L’épave du sous-marin allemand U69 découvert par la marine Néerlandaise

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L’épave du sous-marin allemand U69 découvert par la marine Néerlandaise

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par Vincent Groizeleau. 15/11/2017

C’est une belle et rare découverte qu’ont faite les marins du chasseur de mines néerlandais Makkum au large de la Normandie. Presque 100 ans après son naufrage, le 4 décembre 1917, l’épave d’un sous-marin allemand de la première guerre mondiale a été trouvée près de Barfleur.

Selon la marine néerlandaise, qui a mené l’enquête, il s’agit de l’UC-69. Ce bâtiment de 49 mètres de long, construit en 1916 à Hambourg, avait quitté le port belge de Zeebrugge le 2 décembre 1917 afin d’aller mouiller des mines devant Cherbourg. Deux jours plus tard, peu après 20 heures, il entrait en collision avec un autre sous-marin de la Kaiserliche Marine, l’U-96, de retour vers l’Allemagne. Victime d’une voie d’eau suite à l’abordage, l’UC-69 est évacué avant de sombrer. 18 marins, dont le commandant Hugo Thielmann, sont recueillis par l’U-96, les 11 autres marins du bâtiment périssant dans le naufrage.

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Reconnaissance d’éléments découverts avec le plan du sous-marin (© MARINE NEERLANDAISE)

 

Une trouvaille pendant une mission de déminage de l’OTAN  

Un siècle plus tard, l’UC-69 aurait donc été retrouvé par le Makkum, à l’occasion d’une opération du SNMCMG1 (groupe de guerre des mines de l’OTAN) destinée à neutraliser des engins explosifs historiques en Manche et mer du Nord. La majorité des innombrables bombes, mines et autres obus déversés dans ces zones pendant les deux guerres mondiales sont en effet toujours au fond, malgré des décennies passées par les marines à « dépolluer » ces eaux. La dernière campagne de l’OTAN devant les côtes françaises, qui s’ajoute aux nombreuses missions réalisées tout au long de l’année par la Marine nationale, s’est déroulée du 20 octobre au 7 novembre. Elle s’est soldée par la détection et la destruction de plusieurs engins, d’origines américaine et allemande, au large du Calvados. C’est pendant cette chasse que le Makkum est tombé par hasard, à 8.5 milles au large de Barfleur, sur une épave non répertoriée. « Le bâtiment était en train de sonder les fonds au large des côtes françaises lorsque l’équipage a repéré au sonar une épave inconnue à cet endroit sur les cartes marines », explique l’état-major de la marine néerlandaise.

Les Pays-Bas à la recherche de l’O13

Le commandant du Makkum décide de conduire de plus amples investigations. Un robot télé-opéré est envoyé sur place et fait le tour de l’épave, qui s’avère être un sous-marin. Forts des images recueillies, les Néerlandais vont alors, en mer et à terre, se lancer dans une minutieuse enquête, peut-être parce qu’ils espèrent avoir enfin découvert l’O13. Ce bâtiment, coulé le 25 juin 1940, est en effet le dernier sous-marin des Pays-Bas perdu au cours de la seconde-guerre mondiale et resté introuvable.

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Mais la consultation des archives et la confrontation avec les données recueillies sur l’épave vont montrer qu’il s’agit d’un autre sous-marin. « Après avoir examiné les plans de construction, il s’est avéré qu’il s’agissait de l’UC-69 ».

Une découverte importante selon le DRASSM

Côté français, cette découverte est considérée comme importante par le Département de Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-marines (DRASS), qui dépend du ministère de la Culture.  « La position de l’accident est connue d’après les archives mais n’a, à notre connaissance, jamais été confirmée par des plongeurs, aussi le site en tant que tel n’est pas répertorié dans la carte archéologique nationale et ne figure à priori pas dans la base du SHOM (Service Hydrographique et Océanographique de la Marine, ndlr). La découverte de ce site constituerait donc une première, d’autant plus que le secteur généralement admis pour cet accident se trouve plutôt à 15 nautiques au nord-est de Barfleur », précise Cécile Sauvage, archéologue en charge des côtes normandes au DRASSM. Découvert par les Néerlandais à 8.5 milles seulement de Barfleur, l’UC-69 aurait donc coulé beaucoup plus près des côtes que ce que l’on imaginait jusqu’ici.

 

Source : Mer et Marine

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