Ces créatures marines aggravent la pollution des océans en ingérant le plastique

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Ces créatures marines aggravent la pollution des océans en ingérant le plastique

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Charlotte Viguié, 17 août 2017

Des scientifiques se sont rendus compte qu’une espèce de plancton géant est capable de transformer des morceaux microscopiques de plastique en petites billes. Celles-ci viennent ensuite polluer le fond de l’océan.

On le sait, la présence de tonnes de plastique dans l’océan est un énorme problème. Et pas seulement en surface. Des chercheurs américains de la Monterey Bay Aquarium Research Institute, en Californie, ont découvert qu’une partie de ce plastique se retrouvait aussi au fond des océans. En cause, une espèce de plancton géant, un larvacé appelé Bathochordaeus stygius, qui ingère le plastique et le défèque sous une forme qui ne flotte plus et tombe au fond de l’océan

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La flèche jaune désigne le corps du larvacé, au centre de sa “maison”. – Monterey Bay Aquarium Research Institute (MBARI)

Le larvacé a été étudié par Kakani Katija et son équipe, qui ont publié t les résultats de leur étude le 16 août dans le journal Science Advances. Ce plancton géant a déjà un corps qui peut atteindre 10 cm. Plus extraordinaire encore, ce dernier est entouré d’une “maison”, un mucus translucide qui atteint un mètre de longueur et lui permet de filtrer l’eau autour de lui pour récupérer de la nourriture. Cette taille lui permet de filtrer des dizaines de litres d’eau par heure.

Parmi les 8 millions de tonnes de plastique déversés dans les océans chaque année, une grande partie est constituée de “perles” de moins de 5 mm, parfois invisibles à l’œil nu. Cette taille favorise leur ingestion par des animaux marins

En observant ce plancton, les chercheurs ont réalisé qu’il ingérait le plastique présent dans les océans. Ils ont donc réalisé une expérience : à l’aide d’un robot, ils ont nourri le larvacé de micro-pastilles de plastique dans la baie de Monterey, à 120 km au large de San Francisco. Ils ont ensuite capturé le plancton pour observer sa réaction.

“Les animaux ont en fait ingéré les pastilles, et les ont déféqué sous forme de billes encore plus petites”, décrit Kakani Katija au site Web Seeker. “Ces micro-billes comme leurs “maisons” [qui se régénèrent régulièrement comme une mue] tombaient au fond des aquariums”, poursuit-elle.

Déplacer la pollution plastique

Ce processus déplace ainsi la pollution provoquée par la présence de plastique de la surface vers le fond des océans. Et la science a ainsi percé le mystère de ce dépôt de plastique récemment repéré au fond des océans, les conséquences d’une telle “délocalisation” sont encore difficiles à définir. “Si c’est une chose positive ou négative, c’est encore difficile à dire”, conclut la chercheuse.


Au fond des océans, de nombreux animaux marins se nourrissent en effet des excréments et de la “maison” des ces larvacés. Le plastique se retrouve donc à nouveau dans l’organisme de certains animaux. “Cela signifie qu’il y a ces différents chemins par lesquels le plastique entre dans la chaîne alimentaire des océans”, explique Kakani Katija.

“Le plastique a donc le potentiel d’affecter les résidents marins, et ce à différents niveaux de profondeur”, ajoute Anela Choy, coauteure de l’étude, à New Scientist.

La question reste maintenant pour les scientifiques de savoir quel effet ce processus peut avoir sur la faune et la biodiversité marine, et dans un second temps sur l’homme. “Il nous faut savoir si des animaux mangent ce plastique tombé au fond des océans”, conclut Kakani Katija. “Nous pourrions potentiellement le retrouver nous aussi dans notre nourriture, car nous nous nourrissons de ces animaux.”

 

Source : Mashable France24

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