L’Arctique nous inquiète toujours plus : un morceau de banquise plus gros que les États d’Alaska et du Texas combinés a disparu fin octobre du reste de la banquise.

Voilà qui est déconcertant. Alors même que l’on approche dangereusement de la période de Noël, le niveau de la banquise arctique atteint des niveaux incroyablement bas, tandis que les températures moyennes sont, elles, si hautes qu’elles sortent du cadre prévu par les cartes météorologiques.

Dans certaines zones, la température enregistrée dépasse de près de 2°C les normes pour cette période de l’année. Au moins d’octobre, certaines parties du monde ont même connu des températures en dessous zéro de 9°C supérieure à la moyenne.

La banquise vient à manquer tout particulièrement du côté atlantique de l’Arctique, entre la mer de Barents et celle de Kara. Entre la mi-octobre et le 16 novembre, celle-ci n’a jamais été aussi réduite, et tous les indices portent à croire que la situation ne s’améliorera pas.

L’Arctique, première victime du réchauffement climatique

Le fait que le climat arctique montre des signes de détresse n’est évidemment pas nouveau, d’autant que la région se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde, entraînant la fonte de ses glaces et d’inquiétantes perturbations climatiques en Amérique du Nord et en Europe.

Et cette fois, les conditions dans cette région, considérée comme le “congélateur de l’hémisphère Nord”, se distinguent des altérations météorologiques courantes que l’on observe à court ou long terme.

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“La persistance de ces températures dans l’Arctique n’est pas normale”, explique Zack Labe, un étudiant spécialiste du climat arctique à l’Université de Californie, à Irvine. Depuis plusieurs semaines, via, les réseaux sociaux, il échange avec d’autres scientifiques des graphiques et autres courbes : tous sont stupéfiants de ce qu’ils observent actuellement dans le grand Nord.

Dans un échange sur Twitter, Zack Labe a confié à Mashable que les températures clémentes mesurées à la surface des mers de Kara et Barents empêchent la glace de s’y former, même si l’air est bien glacial et en dessous de 0 degrés.

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Avec une glaciation aussi tardive, la future banquise risque d’être excessivement mince l’été prochain : “Cela pourrait avoir des répercussions jusqu’à la saison de fonte de 2017”, explique Labe. “Je pense que ces conditions inhabituelles vont affecter significativement le volume de la mer cette année.”

Fin septembre, la couche de glace dans la région était si mince qu’un bateau à peine équipé pour naviguer dans ces zones arides a pu y circuler, en empruntant notamment les passages du Nord-Est et du Nord-Ouest, et ce sans rester coincé.

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Le cercle vicieux de la fonte des glaces

En réalité, les zones d’eau liquide absorbent plus de radiations solaires que la glace. Elles se réchauffent de ce fait plus rapidement, libérant plus de vapeur d’eau dans l’atmosphère.

En conséquence, cette eau met plus de temps à geler durant l’hier. Sans compter que de son côté, l’évaporation favorise aussi le réchauffement de l’atmosphère. Un vrai serpent qui se mord la queue. “L’océan doit perdre cette chaleur”, conclut Mark Serreze, le directeur du National Snow and Ice Data Center (NSIDC).

Au même moment, de la Sibérie à la pointe est du continent asiatique, de vastes étendues de terre gèlent sans problème…

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D’après Mark Serreze, l’automne et l’hiver derniers ont aussi été “extrêmement chauds” comparés aux moyennes saisonnales, expliquant, par lien de causalité, les tristes records décrochés cette année par l’Arctique. “Il se passe des choses vraiment dingues en Arctique en ce moment, des choses que l’on tente encore de comprendre.”